Mister orange

Truus MATTI

La Joie de Lire

  • 8 février 2017

    Conseillé par la Librairie Sorcière L'Herbe Rouge à Paris

    L'histoire commence sur la couverture quadrillée de couleurs vives et de blanc où se tiennent deux garçons, l'un lourdement chargé et un personnage central qui tient un pinceau. Sur le dos du livre, de petits soldats suivent un char.

    On est en 1943 à New York et l'on suit Linus, fils d'un marchand de primeurs. Son frère aîné vient de partir à la guerre en Europe. Au plaisir d'occuper une nouvelle place dans la fratrie s'ajoute la fierté de partager la mission héroïque de ce frère parti au front. Certains soirs, c'est à lui que revient le rôle de livreur. C'est ainsi qu'il rencontre celui qu'il va nommer Mister Orange.

    Chez lui, il découvre des murs blancs et de la lumière, contrairement aux ambiances sombres et surchargées des intérieurs qu'il connaît. C'est Piet Mondrian, peintre néerlandais qui a fui l'Europe. Il accueille avec bienveillance ce jeune garçon fasciné par les couleurs primaires qu'il utilise et qui, selon lui, symbolisent l'avenir et expriment la joie. Il l'amène à prendre conscience de la beauté et à réaliser la gravité de la guerre. Une superbe rencontre racontée chaleureusement avec beaucoup de justesse.

    Librairie Sorcière L’Herbe Rouge


  • par (Libraire)
    27 juin 2016

    Si la couverture (très réussie) comme la 4ème la dévoilent, l'identité du Mister Orange qui donne son titre au roman n'est jamais révélée par la néerlandaise Truus Matti. C'est d'une certaine manière une des qualités de la rencontre qui a lieu ici. Jamais didactique, toujours un peu décalée et en contre-temps parfois amers, le jeune Linus et le mystérieux peintre vont apprendre à se connaître en pointillés au fil des livraisons de caisses d'agrumes. L'auteur dresse en arrière plan le portrait d'une famille américaine modeste des années 40 touchée de plein fouet par un conflit lointain. Le roman réussit à traduire comment cet adolescent va grandir en confrontant son expérience innocente de l'art et de la guerre. Si Mister Orange peine parfois à capter l'essence du boogie-woogie (dont il est question à propos d'une fameuse toile inachevée), la rencontre ne manque pas de charme.